



L’aéroclub du Finistère basé à Guipavas prend à l’époque une part importante dans la création d’une liaison aérienne entre Ouessant et le continent. Les dirigeants d’alors comme Charles-Yves Peslin son créateur et Alfred Chupin le président de 1948 à 1958 et par ailleurs député maire de Brest, appuyèrent le projet auprès des diverses autorités concernées.
Egalement intéressé par cette création depuis son arrivée à Brest comme chef pilote de l’aéroclub, Paul Mauvillain réalise la première liaison avec l’aérodrome de Ouessant-Kerlaouen sur un avion Stinson HW75 le vendredi 30 juillet 1954. Accompagné de Marcel Charollais, l’as de la voltige française (qui deviendra par la suite chef-pilote de l’aéroclub), le monomoteur se pose sur l’île vers 18 heures. Cet atterrissage est accueilli par quelques ouessantins, le maire de l’île, François Lucas et l’ingénieur des ponts et chaussées Quéméneur ; les pilotes ne cachent pas dès lors leur enthousiasme quant à la qualité de la plate-forme fraîchement créée.
Un meeting aérien est alors prévu le 15 août de la même année pour marquer l’inauguration officielle de l’aérodrome en présence, bien sûr, les avions et les pilotes de l’aéroclub du Finistère.
Le 13 août, alors que se préparait l’événement, le docteur de l’île Mr Pruche vient signaler aux pilotes présents que l’état de santé de Mme Le Berre, une ouessantine souffrant d’un abcès à la gorge, nécessitait une intervention chirurgicale de toute urgence. La patiente fut aussitôt installée dans un Stinson et le pilote, Bernard Goachet, effectua la première évacuation sanitaire en débarquant la passagère 21 minutes plus tard à Brest-Guipavas ’où elle fut conduite au centre hospitalier et soignée.
Le meeting aérien du 15 août eut un succès extraordinaire auprès des insulaires qui n’hésitèrent pas nombreux à passer le cap du baptême de l’air et même de la découverte de la voltige aérienne sur un Stampe 140 cv. On pouvait noter parmi les plus courageux le garde champêtre, le curé et le conseiller général de l’île, André Colin.