



Parmi les plus beaux moments de pilotage que beaucoup d’entre nous aient vécu, Ouessant y est pour beaucoup.
Partir pour Ouessant, c’était quelque chose. Quelque chose qui ressemblait aux grandes heures de l’aviation héroïque, une tranche d’aventure grandiose et indescriptible qui s’annonçait par une sonnerie de téléphone …
Allô, l’aéro-club ? On a besoin d’un avion en urgence
Pas de problème I Il est 18h20. II sera chez vous à 18h45
Pleins de notre fougueuse jeunesse et forts de l’importance de notre mission, on sautait dans le zinc et on mettait le cap sur l’île. En quelques minutes, on était au-dessus de la grande bleue et alors là on s’en donnait à cœur joie. On mettait les gaz au maximum et on faisait toute la route en « rase flotte » avec le soleil à fleur d’eau, la réverbération en pleine tête et la surface argentée et lisse qui défilait à toute vitesse sous le ventre de l’avion ! A 18h45 on passait la falaise et on touchait la piste !
On était de véritables chevaliers du ciel et c’était l’Atlantique nord !

(Entretien avec Bernard Goachet)