



Les noms donnés à l’île ont considérablement varié au cours de l’histoire. Placée sur les grandes routes maritimes unissant les mondes boréen et méditerranéen, l’île d’Ouessant est connue depuis l’Antiquité, sous deux noms différents, l’un Uxisama, employé par le géographe grec Strabon, l’autre Anxantos, utilisé par le naturaliste latin Pline l’Ancien.
De ces deux noms procèdent, d’une part, le breton Eussa, d’autre part le français Exsent, Usent, Uxent, au XIIIe siècle, Ayssant, Aissent, Oixant au XVIe siècle. Les Gallois l’appellent Ushant. Une contamination de la seconde forme par la première, attestée déjà par la graphie Uxantis, au IVe s, explique la variante Ouessant.
L’étymologie fort complexe d’Ouessant a fait travailler bien des imaginations. Pour certains, elle serait l’île du dieu gaulois Heuz. Étant donné la réputation terrible de ce dieu, Ouessant signifierait « l’île de l’épouvante ».
Les deux noms sont gaulois : 4 siècles avant Jésus-Christ, Pythéas parle d’Ouxisama, qui serait probablement Ouessant ; Sama est un superlatif appliqué au vieux Celtique, Uxo “haut”, lequel a donné un nom à cette île qui est la plus haute de l’archipel.
Anxantos est, quant à lui, un dérivé formé avec le suffixe -antos d’un thème hydronymique ax- de *aps "eau", qu’on retrouve dans le nom des rivières Aisne (Axona au Ier s. av. J.-C.) et Essonne (Exona au VIe s.), avec un suffixe -ona, mais aussi, en évolution bretonne, dans le nom du pays d’Ac’h, noté Achm en 884, Achim et Agma au XIe s., d’un superlatif *Aximos.
L’étymologie la plus vraisemblable est peut-être donnée par Hubert (H.) dans son livre, les Celtes et la Civilisation Celtique.
Pour lui, Uxisama viendrait de Uchel, et Ouessant serait alors « l’île extrême » (à mettre en rapport avec le mot Osismi, qui désignait pour les grecs, les habitants du Finistère).