


Près de 3 000 moulins à vent et 5 000 moulins à eaux fonctionnent dans les cinq départements bretons au milieu du 19ème siècle.
5 000 moulins ont existé dans le département du Finistère, un pour deux villages.
Le moulin breton est une bâtisse à base circulaire construite en pierre dont la forme et les proportions peuvent varier.
Les moulins à vent montrent la plus grande variété d’architecture, mis à part les moulins à pivot tournant, dont il ne subsiste plus aucun exemple complet et les petits moulins d’Ouessant avec encorbellement fait de corbeaux de granit.
Hauts d’environ 5 mètres avec des ailes de 3,50 mètres, les petits moulins d’Ouessant comprennent une cabine en bois contenant tout le mécanisme, tournant sur un pivot métallique en haut d’un cylindre de maçonnerie de granit d’environ 2 m de haut et autant de diamètre. L’orientation se fait par l’échelle ou par un petit givre.
Au cours du 19ème siècle, ils servent à pallier l’insuffisance des grands moulins qui obligent les Ouessantins à faire moudre l’orge sur le continent. Le décret pris sur le bornage en 1852, interdisant aux barques de pêche de transporter des produits alimentaires et la venue sur l’Ile de tailleurs de pierre du Cap Sizun pour la construction du phare et de l’église paroissiale, favorisent l’émergence et le développement de ces petits moulins.
A Ouessant, ils sont 60 avant 1914.
Par ailleurs, le plan cadastral de 1844 signale la présence de 9 grands moulins sur l’Ile ; 3 seulement fonctionnent dans les années 1900, au Stiff, à Penarland et à Frugulou ; les 6 autres se sont arrêtés de tourner entre 1850 et 1870 concurrencés par les petits moulins familiaux.
Les ruines de ces 6 grands moulins sont encore visibles en 1900 à Toulalan, Porz-Gored, Kerlann, Kermovan et le Punel. Quant à l’ancien moulin Sourdéac (devenu moulin Balanger après la Révolution) ses murs en 1900 restent suffisamment élevés pour servir d’alignement aux pêcheurs.
Les trois grands moulins survivants « s’essoufflent » à leur tour. Le moulin du Stiff s’arrête en 1899 ; celui de Penarland est désaffecté en 1905 ; enfin celui du Frugulou, appelé aussi « Moulin Buic », du nom de son meunier est le dernier à tenir debout puisqu’il tournera jusqu’en 1918.
La concurrence des petits moulins Ouessantins a eu raison d’eux. Enfin après la première guerre mondiale, la culture de l’ordre décline rapidement. Ille d’Ouessant importe de plus en plus de farine de froment (farine blanche) ; ce sera au tour des petits moulins d’Ouessant de disparaître. Démolis dans les années 1926-1939, il ne subsiste à l’heure actuelle qu’un seul de ces moulins, Gouzoul, sur la route du Creac’h pour nous rappeler une époque pas si lointaine, aujourd’hui disparue.