Le Nividic

Les phares d’Ouessant : le Nividic
Publié le 19 août 2007, mise à jour le 20 août 2007
par Webmaster
Érigé sur la roche la plus haute de la chaussée de Leurvaz an Ividig, au sud-ouest de la pointe de Pern …

Érigé sur la roche la plus haute de la chaussée de Leurvaz an Ividig, au sud-ouest de la pointe de Pern, le phare de Nividic est conçu dès l’origine pour fonctionner de manière automatique et fonctionnelle, sans souci de décoration. La brume, fréquente dans les parages, occulte trop souvent les éclats du phare du Creac’h. Les portées des signaux sonores sont irrégulières en fonction des vents, des rochers et de la structure des bancs de brume.

Au premier plan, le phare de Nividic. On aperçoit les vestiges des deux pylones qui soutenaient la ligne aérienne.[D.R.]Commencé en 1912, le phare voit sa base terminée détruite en 1920 par une forte tempête en été. Le chantier prend fin en 1936. Sa réalisation est perçue par la presse comme « le record du monde du génie français », en regard des contraintes et difficultés d’édification.

L’énergie produite par le Creac’h nécessaire à l’alimentation du feu, du signal sonore et des contrôles de l’automatisme, est amenée par une ligne aérienne de transport d’énergie, soutenue par deux pylônes vissés sur des récifs :
- Conçu à 275 mètres de la pointe de Pern,
- et celui de Kerzu à 410 mètre du précédent et à 275 mètres de Nividic

Une station à la pointe de Pern assure le relais et la régularisation de la tension du câble. Une nacelle, de type téléphérique, portée par le même câble permet d’acheminer jusqu’au phare les hommes nécessaires à l’entretien.   Le phare, constitué d’un massif plein de béton, comprend trois chambres superposées et la lanterne. L’optique locale, située à 24 m au-dessus des hautes mers, est éclairée par une lampe relayée en cas de panne par un brûleur à gaz. Une sirène de brume constitue notamment le dispositif sonore du phare.   Au cours de la seconde guerre mondiale, le phare est éteint et les câbles mal entretenus, qui desservent la nacelle, finissent par se rompre. La nacelle ne sera plus réutilisée.   En 1952, un feu de secours à gaz est remis en service mais les pannes se succèdent, sans qu’il ne soit possible d’y porter remède dans des délais raisonnables. Début 1953 le câble d’alimentation est remis en place ainsi que le feu principal, mais une extinction se produit très rapidement ; une très longue période de mauvais temps rend l’accès au phare inaccessible. Ces séries d’extinctions prouvent la fragilité de l’installation en un lieu particulièrement accidenté. La décision est prise d’équiper le phare d’une plate-forme d’atterrissage pour hélicoptère, située au-dessus de sa lanterne permettant ainsi de livrer régulièrement les bonbonnes de gaz.

Aujourd’hui, le phare du Nividic ne porte plus de signal de brume ; le fonctionnement au gaz a été abandonné au profit de panneaux solaires (installés en 1996), qui alimentent un feu scintillant.


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