Le Kéréon

Les phares d’Ouessant : le Kéréon
Publié le 19 août 2007, mise à jour le 20 avril 2008
par Webmestre
Au sud-est de l’île, dans le passage du Fromveur, Kéréon est bâti sur l’écueil de Men Tensel - « la Pierre Hargneuse » …

Au sud-est de l’île, dans le passage du Fromveur, Kéréon est bâti sur l’écueil de Men Tensel - « la Pierre Hargneuse ». Entamée en 1907, la construction se poursuit dans des conditions extrêmes d’accostage, de débarquement et d’embarquement découlant de sa position au Sud du grand courant du Fromveur.

© Photo de Benoit Stichelbaut publiée avec son aimable autorisationEn 1910, grâce à un don d’une petite nièce de Charles Marie Le Dall de Kéréon, enseigne de vaisseau de la Royale, condamné à mort à l’âge de 19 ans en 1794, le projet prend une dimension plus importante que celle prévue initialement. En dépit de son lot de difficultés, du début de la grande guerre de 1914, des aménagements internes à exécuter, le feu du Kéréon est néanmoins allumé le 25 octobre 1916.

Kéréon fait figure de palace. Son optique donne toutes les 5 secondes, 4 secondes de lumière et une occultation de 1 seconde ; un secteur rouge de 131° compris entre les relèvements du phare à 248° et à 190° indique les dangers ; dans ses cinq salles, les aménagements intérieurs sont fastueux : mobilier en chêne de Hongrie, plancher en marqueterie d’acajou et de poirier, boiseries.

Alimenté en pétrole, il peut être électrifié en 1972 grâce à une éolienne et deux groupes électrogènes. Il est gardienné par deux électromécaniciens.

Kéréon est le dernier « phare monument » érigé en mer et l’un des derniers phares habité de France jusqu’au 29 janvier 2004 ; l’automatisation totale met fin aux relèves périlleuses qui ne peuvent s’effectuer qu’en pleine mer, par bateau, les gardiens montant à califourchon sur un ballon agrippé à un câble au dessus d’une mer agitée par un fort courant.

Une plaque commémorative scellée sur un mur du phare rappelle ce don de 585000 F (or) versé en 1910, par Madame Jules Lebaudy dans les caisses du Ministère des Travaux Publics et le texte de la dernière lettre de son aïeul, Charles Marie Le Dal de Kéréon à son père, la veille de son exécution, dont la lettre se termine par ces mots :

« Le crime fait la honte et non pas l’échafaud. Je meurs innocent. »

Le phare de Kéréon qui perpétue son nom entretient sa mémoire.


calle
calle
calle

SPIP 1.9.2b [9381] habillé par egt - réalisé par Cadsic - accessibilité - plan - Contact  
Suivre la vie de ce site RSS - Site réalisé par Cadsic  Contacter le webmestre