La maison

La maison ouessantine
Publié le 21 août 2007, mise à jour le 22 août 2007
par Webmaster
L’habitat témoigne d’une adaptation remarquable aux conditions climatiques de l’île …

Les maisons tournent résolument le dos au soleil et offrent une faible prise au vent. La plupart ont été bâties à la fin du 19ème siècle et sont semblables - un bâtiment de 12 mètres sur 6 mètres environ, aux murs épais montés en pierre de granite jointes à la terre argileuse, jouxté généralement d’un penty. Elles présentent deux portes d’entrée face à face : l’une au nord et l’autre au sud. Les ouvertures sont de tailles réduites. Les toits, précédemment en chaume de seigle recouverte de terre d’antan, sont en ardoises, clouées à la volige par des clous de cuivre, et reposent sur un lit de terre sèche, jointes les unes aux autres par du ciment. Une girouette est accrochée à la cheminée grâce à une pierre percée prévue à cet effet.

Maison du Niou © Photo de Christian MensDevant la maison, l’aire à battre devenue inutile, est remplacée par un jardin d’agrément. Autour, quelques "crèches" sont converties désormais en remises.

Vers 1850-1880, La maison est parfois surélevée selon le degré de fortune de ses habitants afin d’offrir plus d’espace aux trois générations qui y cohabitent fréquemment. Mais quelle que soit sa dimension, la distribution interne ne varie pas. Elle comprend un couloir central délimité par des armoires et le grenier à grain dessert deux pièces au rez-de-chaussée, dont l’organisation est identique, mais la fonction différente. Le penn kuisin sert au quotidien et à la cuisine tandis que le penn brao est la pièce de réception. Le mobilier est composé de tables situées sous les fenêtres, de bancs-coffres et de lits clos. Les cheminées sont habillées de panneaux en bois ornementés, équipés de vaisseliers. Maison du Niou © Photo de Christian Mens

Chaque centimètre carré compte : l’agencement est rationnel comme à l’intérieur d’un navire. Les bois, d’origines disparates, étaient autrefois issus de la récupération d’épaves, souvent peints. Les couleurs utilisées sont le bleu et le blanc (couleurs de la Vierge) et, quelquefois le vert et le blanc (couleurs celtiques).

A l’aide d’un grappin - le pech - les hommes "crochent" dans l’épave que la marée apporte. Le bois d’épave - le pensë - est mis au sec, marqué d’une pierre indique qu’il a trouvé propriétaire, et qu’il ne faut pas le toucher.

En 1900, plus de la moitié de la surface de l’île (785 hectares) est cultivée, le reste est réservée à la pâture ou à la lande. Le troupeau comprend 6000 moutons, 600 vaches, 400 chevaux et 700 porcelets engraissés chaque année.

Plan de la maison ouessantineEn novembre on tue le cochon, et cela donne lieu à une grande fête, le gwezen. Lorsqu’un cochon est tué dans une maison, le soir des groupes de garçons et de filles portent fièrement un petit arbre décoré et chargé de friandises - le gwezen - et, le dépose contre le mur de la maison. Un caillou est lancé contre la porte et on se cache. Ceux de la maison doivent poursuivre et attraper les fuyards, et enfin tout le monde rentre dans la maison. On déguste alors des gâteaux, on boit du café, on lit à haute voix les lettres de gwezen, petites pièces rimées écrites par les filles, qui juxtaposent plaisanteries et énumérations de mariages fictifs.

L’exploitation a une surface moyenne de 60 ares, et comprend généralement l’équivalent de cinquante à cent parcelles dispersées sur l’île. Ces parcelles sont si petites que lorsque l’on laboure on a un pied dans le "champ" de la voisine.


En 1976, lors du remembrement des terres on constate que l’île est divisée en plus de 50 000 parcelles.
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